Ultra-Trail Cape Town
21 nov. 2025
Ultra-Trail Cape Town: une bataille de 26 heures au cœur du Cap
Deux ans après son dernier dossard sur un 100 miles, et seulement quelques mois après son record FKT établi sans assistance sur le GR10, Antoine Clément remet un numéro sur la cuisse. Cette fois, direction l’Afrique du Sud pour l’Ultra-Trail Cape Town, l’un des ultras les plus exigeants du continent. Deux jours d’acclimatation à peine, en plein cœur de l’été austral, sous des rafales de vent comme la région n’en avait plus connues depuis près de douze ans : c’est dans ce contexte dantesque qu’Antoine s’élance, le 21 novembre à 17h, dans une chaleur lourde, face à 170 kilomètres pour 8 000 mètres de dénivelé positif.

Une organisation simplifiée, anticipée et ajustée
En amont, tout a été anticipé et préparé pour qu’Antoine puisse se concentrer uniquement sur sa course. La communication avant/pendant/après l’événement a été planifiée avec précision, afin d’assurer un suivi clair et professionnel du début à la fin.
Grâce à notre contact sur place, nous avons pu organiser un logement adapté, ainsi qu’un véhicule mis à disposition contenant tout le matériel nécessaire : glacières, serviettes, alimentation, équipements techniques… Chaque détail logistique a été pensé pour garantir un accompagnement fluide et réactif.
Sur le terrain, la gestion des déplacements, de la communication, des besoins matériels et du rythme de course s’est faite en temps réel, en s’adaptant rapidement aux imprévus et aux évolutions de la situation. Rien n’a été laissé au hasard : anticiper, préparer, ajuster et réagir ont guidé chaque décision.

Les 60 premiers kilomètres : fluidité, chaleur et maîtrise
Le début du parcours offre des panoramas somptueux, mais aussi une première sélection naturelle : chaleur, vent latéral et sections techniques surplombant la ville.
Antoine reste concentré, solide, dans le bon tempo.
À chaque ravitaillement, tout s’enchaîne : alimentation correcte, gestion précise du matériel, bonne communication.
Il avance, calme, appliqué, parfaitement dans son plan.
Puis la lumière bascule, et avec elle, le confort du début de course.

La nuit : quand la digestion se ferme et que tout devient combat
Dès le premier ravito nocturne, le scénario change : Antoine n’arrive plus à avaler quoi que ce soit.
Gel, barres, liquide… rien ne passe.
Le corps dit non, exactement au moment où l’effort demande le plus d’énergie.
Alors commence une nuit très longue, très technique, très mentale.
Il avance, parfois fort, parfois lentement, mais toujours avec une détermination incroyable.
Il reste dans le top 10, malgré les coups de mou et les douleurs.
Et surtout, malgré la digestion capricieuse, il garde une petite avance sur son plan, qu’il voit pourtant fondre à vue d’œil.
La nuit devient un tunnel :
des montées interminables,
des descentes cassantes,
des single-tracks tranchants,
un froid sec qui saisit à chaque pause.
Quand le jour se lève, Antoine accuse désormais 5 minutes de retard, mais il est encore dans les temps, encore dans la bataille, encore dans le match. Et surtout, il est encore dans le top 10, accroché comme jamais.

Le jour se lève… et la chaleur s’abat
Puis arrive le moment clé de la course.
Vers le 110ᵉ / 120ᵉ km, le vent cesse complètement.
Et d’un coup, la montagne devient un four.
Une chaleur écrasante tombe sur les coureurs.
Les pierres brûlent, l’air devient irrespirable, les corps se crispent.
Les abandons s’enchaînent à une vitesse effrayante. Beaucoup explosent, incapables d’affronter cette fournaise après une nuit aussi difficile.
Antoine souffre, mais s’adapte.
Il ralentit, gère, s’arrose, analyse.
Sa capacité à rester lucide malgré le manque de calories devient sa plus grande force.
Malgré tout, il ne quitte pas le top 10.
Il en fait même une mission : honorer son invitation, honorer son dossard, honorer le travail accompli depuis des mois.

Les derniers kilomètres : une guerre intérieure
La fin du parcours se transforme en duel mental.
Chaque montée est un mur.
Chaque descente fait vibrer les muscles épuisés.
Chaque foulée est un pari sur ce qu’il reste d’énergie.
Pourtant, Antoine avance.
Il ne lâche rien.
Il joue chaque minute, chaque mètre, pour conserver sa place parmi les meilleurs.
Et après plus de 26 heures d’effort, il franchit la ligne d’arrivée en 8ᵉ position, à seulement une heure de son chrono idéal.
Un exploit, surtout près de deux ans après son dernier 100 miles.
Un retour d’une maturité et d’une solidité exceptionnelles.

Un soutien décisif
Même avec une équipe réduite, constitué d'un seul crew member et seulement deux jours d’acclimatation, nous avons pu compter sur l’aide précieuse de plusieurs locaux du Cap :
une voiture, un logement, des conseils sur la chaleur, les sentiers, les pièges du parcours.
Cette chaîne d’entraide a permis à Antoine d’aborder ce défi dans les meilleures conditions possibles.
C’est l’esprit d’All4One : un athlète entouré, soutenu, porté, même loin de chez lui.
Un grand merci à Antoine pour sa confiance et cette aventure sportive incroyable.

